jeudi 18 juin 2009
Promenade
"Séduit par sa tournure d'esprit pratique, je ne pus me retenir de l'embrasser, et elle me rendit mon baiser de ses lèvres épaisses et douces. Ce qui m'interpella encore plus que sa question. Tandis que nous poursuivions notre promenade au clair de lune main dans la main le long des sentiers et dans la fraîcheur des hautes herbes, il était permis d'imaginer que nous allions entamer ensemble une vie nouvelle." Stephen Vizinczey, Eloge des femmes mûres
"Pour une fois que je lui paie Nice, elle avait ses anglais..."
Well, Promenons-nous dans l'émoi pendant que le Nous n'y hait pas
Aussi j'y repars...
mardi 26 mai 2009
Horizon
"Et il n'est rien de plus beau que l'instant qui précède le voyage,
l'instant où l'horizon de demain vient nous rendre visite et nous dire ses promesses."
Milan Kundera, La vie est ailleurs
"Horizon,
quand le jour déploie
en Or raison,
ses jeux de foi..."
Well, Hors raison
De nouveau, l'horizon est (sur)mon chemin.
A bientôt, encore...
dimanche 24 mai 2009
Oracle
"Pourquoi grimperais-tu au sommet des plus hautes collines, puisque
ensuite il te faudrait redescendre, et, une fois redescendu, comment
faire pour ne pas passer ta vie à raconter comment tu t'y es pris pour
monter ? Pourquoi ferais-tu semblant de vivre ? Pourquoi
continuerais-tu ? Ne sais-tu pas déjà tout ce qui t'arrivera ? N'as-tu pas déjà été tout ce que
tu devais être : le digne fils de ton père et de ta mère, le brave petit scout, le bon élève qui aurait pu mieux faire, l'ami d'enfance,
le lointain cousin, le beau militaire, le jeune homme pauvre ? Quelques
efforts, même pas quelques efforts, quelques années encore, et tu seras
le cadre moyen, le cher collègue. Bon mari, bon père, bon citoyen.
Ancien combattant. Un à un, comme la grenouille tu grimperas les petits
barreaux de la réussite sociale.Tu pourras choisir, dans une gamme
étendue et variée, la personnalité qui convient le mieux à tes désirs,
elle sera soigneusement retaillée à tes mesures : seras-tu décoré ?
Cultivé ? Fin gourmet ? Sondeur des reins et des cœurs ? Ami des bêtes
? Consacreras-tu tes heures de loisir à massacrer sur ton piano
désaccordé des sonates qui ne t'ont rien fait ? Ou bien fumeras-tu la
pipe dans un fauteuil à bascule en te répétant que la vie a du bon ?
Non. Tu préfères être la pièce manquante du puzzle. Tu retires du jeu
tes billes et tes épingles. Tu ne mets aucune chance de ton côté, aucun œuf dans nul panier. Tu mets la charrue devant les boeufs, tu jettes
le manche après la cognée, tu vends la peau de l'ours, tu manges ton
blé en herbe, tu bois ton fonds, tu mets la clé sous la porte, tu t'en
vas sans te retourner.
Tu n'écouteras plus les bons conseils. Tu ne demanderas pas de remèdes.
Tu passeras ton chemin, tu regarderas les arbres, l'eau, les pierres,
le ciel, ton visage, les nuages, les plafonds, le vide.
Tu restes près de l'arbre. Tu ne demandes même pas au bruit du vent dans les feuilles de devenir oracle." Georges Perec, Un homme qui dort
"Entre deux vins, l'eau racle..."
Well, Oracle et devins
jeudi 21 mai 2009
Ascension
"Dans ma vie, j'avais connu la souffrance, l'oppression, l'angoisse ; je n'avais jamais connu l'ennui. Je ne voyais aucune objection à l'éternelle, à l'imbécile répétition du même. Bien entendu, je n'avais pas l'illusion de pouvoir en arriver là ; je savais que le malheur est robuste, qu'il est ingénieux et tenace ; mais c'était en tout cas une perspective qui ne m'inspirait pas la moindre inquiétude. Enfant, je pouvais passer des heures à compter les brins de trèfle dans une prairie : jamais, en plusieurs années de recherche, je n'avais trouvé de trèfle à quatre feuilles ; je n'en éprouvais aucune déception, ni aucune amertume ; à vrai dire, j'aurais aussi bien pu compter les brins d'herbe : tous ces brins de trèfle , avec leurs trois feuilles, me paraissaient éternellement identiques, éternellement splendides. Un jour, à l'âge de douze ans, j'étais monté au sommet d'un pylône électrique en haute montagne. 
Pendant toute l'ascension, je n'avais pas regardé à mes pieds. Arrivé en haut, sur la plateforme, il m'avait paru compliqué et dangereux de redescendre. Les chaînes de montagnes s'étendaient à perte de vue, couronnées de neiges éternelles. Il aurait été beaucoup plus simple de rester sur place, ou de sauter. J'avais été retenu, in extrémis, par la pensée de l'écrasement ; mais, sinon, je crois que j'aurais pu jouir éternellement de mon vol." Michel Houellebecq, Plateforme
"Amantes d'âmes honte,
Elles montent tant elles mentent..."
Well, Jeux d'vits de la science fion
Merci à vous toutes et touche d'avoir su patienter (mais moi aussi je ne fais que très passer...)
samedi 17 janvier 2009
Bond

"Car déjà un bel élan pour un nouveau bond..."
Well, Comme j'aime ce bond
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dimanche 4 janvier 2009
Clarté
"Outre
la conversation des femmes, ce sont les rêves qui maintiennent le monde
sur son orbite. Mais ce sont aussi les rêves qui lui font une couronne
de lunes, voilà pourquoi le ciel est cette clarté resplendissante qui
emplit la tête des hommes, pour autant que la tête des hommes ne soit
point le véritable et unique ciel." José Saramago, Le Dieu manchot
"A l'ombre de tout péché,
nous ne serions que des spectres ;
alors dépêchez,
dépêchons mes frères,
photons encore à pleine lumière ! ..."
Well, Clartés
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jeudi 1 janvier 2009
Nouvel élan
"Ne regarde jamais d'où tu pars, mais fixe le but de toute ta volonté, instinctivement, tu mesureras ton élan à l'effort que tu dois accomplir."
Reine Malouin, Profonds destins
"Heureuse année
à toutes celles et sus
qui sauront s'abandonner
dans ce nouvel élan."
Well, L'épreuve par Neuf
Et que tous les suffisants sisyphes s'astreignent comme des teignes à faire rouiller leur incouillu caillou...
lundi 29 décembre 2008
Bal
"Elle pensait à dix heures et demie. L'heure de s'habiller pour aller au bal, si on était suffisamment demandée pour pouvoir s' en dispenser d'être à l'heure. Il flotterait dans l'air comme unparfum vaporeux de bains récents, et peut-être un nuage léger de poudre dans la lumière comme du son dans les granges. Et elles seraient là,examinant, comparant, se demandant si elles feraient plus d'effet en défilant dans la salle de bal dans le plus simple appareil. Certaines refusaient tout net. C'étaient généralement celles qui avaient des jambes courtes. D'autres, qui pourtant étaient très
bien faîtes, s'y refusaient purement et simplement sans vouloir dire pourquoi. La pire de toutes déclarait que les hommes trouvent toutes les femmes laides, sauf quand elles sont habillées, et elle racontait que le Serpent avait regardé Eve plusieurs jours sans faire attention à elle, jusqu'à ce qu' Adam lui ait fait mettre une feuille de vigne. Comment le sais-tu ? lui demandait-on. Et elle disait que c'était parce que le Serpent était là avant Adam, puisqu'il avait été chassé le premier du Paradis Terrestre." William Faulkner, Sanctuaire
"Très belle pour l'amusade
mais trop bal pour la musette..."
Well, Peau de bal
mercredi 24 décembre 2008
Parfum
"Le venin et le parfum sont toujours dans de petits flacons"
Luis Sepulveda, Une sale histoire
"Chat n'est le Sphinx"
Well, Par faim de fêtes
Soyeux Noël etc...
dimanche 21 décembre 2008
Hiver
"A rouge, I vert
Des jardins truc
ulents
De parfums de parterres
Et d’arômes succulents.
Graine, plant, caïeux, floraison
Zinnias, euphorbes, strelitzias
Pollens, sève, sucs, frondaisons
Hibiscus, cèdres et séquoias
A pourpre, I vert
Des jardins de supplices
Et chemins de travers
Suspendus aux délices
Des idylles d’Eden.
Baby Lone loves your garden !
A rose, I vert
Des jardins d’eaux limpides
Oasis des Alter
Où d’espérantes Hespérides
Et nubiles nymphettes
Rêvassant d’or charnu
Se régalent et s’entêtent
Du fruit d’Eve fendu.
A bois
O stères
Chaque jour autre
Est un brin tendre
Dans mes jardins
D’ivres verts."
Well, Jardins d’I vert
Ecrit pour Les impromptus sur le thème "Jardin d'hiver"
(février 2007 et retaillé pour la saison)


